Le vidéaste et réalisateur Willem Oxybel est accusé d’avoir manqué à ses obligations envers plusieurs collaborateurs ayant participé à la réalisation de son premier long métrage, censé le propulser dans l’univers du cinéma.
Selon des informations rapportées le 5 août dernier par Le Parisien, Wil Aime fait l’objet d’une plainte pour escroquerie et abus de confiance devant la justice parisienne. À l’origine de cette démarche : plusieurs collaborateurs, ou anciens collaborateurs, ayant travaillé avec l’ancienne star des réseaux sociaux sur WHO.
Sorti en mai dans les salles et sur Disney+, ce film est le premier long métrage du vidéaste français, qui a bâti sa réputation grâce à la publication de courtes vidéos énigmatiques sur les réseaux sociaux, notamment Facebook, il y a plus d’une quinzaine d’années.
Entre tension psychologique, dilemmes moraux et quête de vérité, le film de plus de deux heures explore les limites de l’humanité face à des situations extrêmes, autour d’une question ultime : « Dans un monde de monstres, qui est le vrai monstre ? »
Cette œuvre, dont la production a débuté après la disparition de l’auteur — né Willem Oxybel — de la sphère publique en 2019, a été rendue possible grâce à un modèle de financement progressif que le réalisateur décrit lui-même comme atypique et précaire.
Des collaborateurs non rémunérés
C’est précisément ce mode de financement qui serait à l’origine du litige désormais porté devant la justice. D’après Le Parisien, une dizaine de participants au tournage de WHO affirment n’avoir jamais reçu le moindre kopeck en guise de rémunération.
Parmi eux figure le styliste Armel Bibana, dont les services auraient été sollicités pour la conception d’une trentaine de costumes, en plus de la direction artistique du film assurée avec son équipe. Il affirme notamment que Wil Aime ne lui aurait versé que 5 000 euros sur une prestation évaluée à 45 000 euros, l’obligeant ainsi à supporter lui-même le reste des charges.
Pire, cette situation l’aurait conduit à mettre la clé sous la porte de son entreprise, Bibaland Design. Le plaignant déclare par ailleurs, toujours au Parisien, que le contrat encadrant sa rémunération n’aurait jamais été signé par les deux parties, faute d’accord sur le partage des recettes.
Wil Aime se défend de tout abus
« Des paiements ont effectivement pu intervenir avec retard en raison du calendrier de financement et des disponibilités de trésorerie. Ces retards ne traduisent pas une volonté de ne pas honorer nos engagements », écrit le réalisateur dans une réaction transmise au quotidien francilien.
Sa société, Chaque Détail Production, affirme n’avoir perçu à ce jour ni bénéfice ni salaire de producteur sur le film. Elle assure attendre encore le versement d’une partie des montants convenus avec les différents partenaires de diffusion.
Concernant Armel Bibana, la production souligne lui avoir formulé plusieurs propositions de règlement à l’amiable, sans succès. D’après Le Parisien, WHO, qui a suscité des commentaires contrastés de la part de la critique, a enregistré environ 35 000 entrées en deux jours sur le territoire français, avant sa diffusion internationale.

