Le lecteur multimédia a franchi la barre des sept milliards d’installations depuis sa création. Un cap qui, bien que sous-évalué, illustre la vigueur de cet utilitaire gratuit et libre.
Ce total s’est enrichi d’un milliard supplémentaire depuis janvier 2025. Depuis ce mercredi 2 septembre 2026, VLC (pour VideoLAN Client), le célèbre programme tricolore de lecture audiovisuelle, enregistre ainsi sept milliards de téléchargements au total.
Une performance impressionnante, mais qui demeure sans doute en deçà de la réalité selon Jean-Baptiste Kempf, « cocréateur » de la solution née dans les couloirs de l’École centrale Paris il y a plus de deux décennies.
« Si on voulait vraiment calculer, je pense qu’on serait plutôt à 10 ou 12 milliards », estime celui qui officie désormais comme chroniqueur sur le plateau de l’émission Tech&Co sur BFM. Il souligne notamment que de nombreux utilisateurs récupèrent l’exécutable sans passer par le portail officiel, ce qui rend le suivi ardu pour un service qui refuse la collecte de télémétrie.
Cette spécificité — à l’heure de la surmonétisation des données personnelles — constitue d’ailleurs, incontestablement l’une des forces majeures du dispositif, en complément de son modèle ouvert, sans frais ni réclame.
Une suite de défis technologiques
Accessible sur Windows, macOS, Linux, Android, iOS, BSD et même divers environnements plus atypiques, VLC se présente comme une application qui « encaisse tout », selon les termes de Jean-Baptiste Kempf. De quoi en faire l’une des références les plus sûres en la matière.
Nul n’aurait pourtant imaginé une telle trajectoire pour cette initiative issue d’une aventure que son cofondateur qualifie de totalement loufoque. Au départ se trouvaient en effet de simples élèves désireux de disposer d’une infrastructure réseau suffisante pour jouer aux jeux vidéo sur le campus de leur école d’ingénieurs.
C’est ainsi qu’a vu le jour le projet VideoLAN, destiné à acheminer des flux vidéo sur les réseaux locaux de l’établissement. En contrepartie du développement de cette solution, TF1 a financé le nouvel équipement informatique des étudiants.
Le cône qui lit des vidéos
« C’est une époque où le logiciel libre était à la mode », se souvient Kempf, précisant toutefois que le lecteur a frôlé la disparition à maintes reprises. Car « le code devenait trop complexe. L’organisation nécessitait des ajustements et les élèves manquaient de temps pour assurer sereinement la maintenance du programme ».
Au début des années 2010, le développement s’accélère et l’application bénéficie d’un regain d’intérêt massif. Une telle notoriété amène même des acteurs tiers à proposer le rachat du nom de domaine, véritable étendard de la marque.
La formule « le cône qui lit des vidéos » reste depuis indissociable du lecteur. « Sur une seule année, nous aurions pu générer 10 à 15 millions d’euros », confie-t-il, dévoilant notamment une proposition de Google consistant à leur reverser un euro pour chaque installation conjointe de VLC et du navigateur Chrome. Le créateur annonce enfin l’arrivée prochaine de flux radio et de podcasts.

