Andy Burnham a cru échanger des messages avec une responsable de la Maison Blanche aux États-Unis, avant de se rendre compte, dit-il, qu’il s’agissait d’une usurpation d’identité.
Le signe de son manque d’expérience au poste ? Le nouveau Premier ministre du Royaume-Uni, Andy Burnham, s’est récemment fait balader par un imposteur se faisant passer pour ni plus ni moins que Susie Wiles, la directrice de cabinet du président américain Donald Trump.
Selon Politico, à l’origine des révélations, les faits se sont déroulés bien après l’installation de l’ancien maire du Grand Manchester à Downing Street, le 20 juillet 2026. Pendant plusieurs jours, le chef du gouvernement britannique échange avec son interlocuteur, croyant ainsi avoir l’oreille du locataire de la Maison Blanche.
Car Susie Wiles n’est pas n’importe qui au sein de l’administration Trump. Il s’agit, selon un portrait réalisé par le Time en avril dernier, de « l’une des personnalités non élues les plus puissantes du pouvoir américain ».
Elle est souvent, d’après le magazine, la dernière personne que Trump écoute avant de prendre ses plus grandes décisions. « À part un membre de la famille, le niveau de confiance qu’il lui accorde est sans précédent », souligne Tony Fabrizio, sondeur de longue date du président américain, cité par le Time.
Des échanges jusqu’à la suspicion
Et puis, la conversation – dont on ignore la teneur et le canal – avec la prétendue Susie Wiles devient plus étrange, suspecte même aux yeux de Burnham, selon Politico, qui cite quatre responsables ayant eu vent de l’affaire.
À Londres, l’échange est interrompu. Le gouvernement britannique alerte ensuite son ambassade à Washington, laquelle fait remonter l’incident discrètement à la Maison Blanche. Résultat : ce n’est effectivement pas Susie Wiles qui échange avec le Premier ministre.
Les services britanniques se disent peut-être que la cheffe de cabinet américaine s’est une nouvelle fois – après l’incident de l’année passée, où sa voix avait même été clonée par une IA – fait pirater son smartphone personnel. Mais Washington dément cette théorie.
Un échange jugé « minimal »
Andy Burnham est donc victime d’un usurpateur, tout simplement, qui s’est fait passer pour l’une des plus proches conseillères du dirigeant de la première puissance mondiale. Interrogé sur la question par la presse locale, mardi 18 août, au lendemain de ces révélations, il a minimisé l’incident, qualifiant l’échange de « minimal ».
« Rien de significatif et, en fait, j’ai rapidement compris qu’il fallait le signaler, et je l’ai fait », a-t-il répondu, cité par BFMTV.
Reste que de nombreuses zones d’ombre subsistent autour de l’affaire. Qui a donc écrit au Premier ministre ? Sur quoi portaient les messages échangés ? Andy Burnham utilisait-il son téléphone professionnel ou personnel ?
Pour rappel, David Cameron, ex-Premier ministre, a été victime de canulars à deux reprises. Ben Wallace, alors secrétaire à la Défense, a lui aussi été piégé, il y a quelques années, par un imposteur russe qui s’est fait passer pour le Premier ministre ukrainien.

