La cité-État a dépassé pour la première fois la Suisse en 2025 en matière d’actifs offshore sous gestion, selon une récente étude.
Pour la première fois dans l’histoire financière contemporaine, la place de Hong Kong gère davantage de patrimoines offshore que les banques suisses. C’est la conclusion d’une étude publiée le 27 mai par le Boston Consulting Group (BCG).
Intitulé Global Wealth Report, le rapport indique que les actifs transfrontaliers administrés depuis Hong Kong ont progressé de plus de 10% en 2025, atteignant 2 950 milliards de dollars. La Suisse, longtemps considérée comme le coffre-fort mondial, recule ainsi à la deuxième place avec 2 940 milliards de dollars sous gestion.
Ce basculement intervient dans un contexte de croissance soutenue de la richesse à l’échelle mondiale. Selon le BCG, le patrimoine global a augmenté de 10,7% depuis 2021 pour atteindre 333 000 milliards de dollars. Et ce, malgré des tensions commerciales persistantes et un climat géopolitique incertain, susceptibles en théorie de freiner les flux de capitaux.
Des leviers d’attractivité ciblés
L’ascension de Hong Kong résulte d’une stratégie de long terme. Depuis plusieurs années, la ville a méthodiquement combiné sa position géographique, sa flexibilité réglementaire et la qualité de ses infrastructures financières pour séduire les grandes fortunes internationales.
Les fondamentaux — un système juridique de common law hérité de la période britannique, la libre circulation des capitaux et une fiscalité compétitive — étaient déjà en place. Mais une série de mesures ciblées a accéléré la dynamique.
Les avantages fiscaux accordés aux family offices mono-familiaux, couplés à un régime de visas simplifié pour les investisseurs fortunés, ont favorisé la création de plus de 3 380 structures de ce type d’ici fin 2025, soit une progression de plus de 25% par rapport à fin 2023.
Selon les projections du Boston Consulting Group, Hong Kong pourrait creuser un écart d’environ 600 milliards de dollars avec son principal concurrent d’ici 2030. Cette trajectoire rapide s’accompagne toutefois d’une dépendance croissante qui interpelle les analystes.
La Chine, moteur de l’essor hongkongais
Plus de la moitié des actifs gérés par la place financière proviennent désormais de capitaux issus de Chine continentale. Les investisseurs mainland, désireux de diversifier leurs avoirs tout en restant dans un environnement réglementaire familier, voient en Hong Kong une interface privilégiée entre l’économie chinoise et les marchés internationaux.
Dans ce contexte, tout durcissement réglementaire de Pékin, toute escalade géopolitique ou toute modification brutale des règles encadrant les flux de capitaux pourrait provoquer des sorties massives. Le risque ne provient cependant pas uniquement de l’intérieur. Sur la scène mondiale, plusieurs places financières se sont inspirées de ce modèle. Singapour, Dubaï, Luxembourg, entre autres, déploient des stratégies similaires pour capter ces flux.
Par ailleurs — et cette évolution est transversale — la nouvelle génération de détenteurs de patrimoine, qu’il s’agisse d’héritiers de grandes fortunes asiatiques ou d’entrepreneurs de la tech, exprime des attentes différentes. Au-delà de l’optimisation fiscale, elle recherche des solutions numériques intégrées, des investissements à impact mesurable, des structures patrimoniales flexibles et une expérience utilisateur fluide, comparable à celle des fintechs les plus avancées.

