Les entreprises chinoises refusent de lâcher la Russie, pour le moment

Dans le sillage de leur gouvernement relativement accommodant à l’égard du chef du Kremlin, les grands groupes chinois maintiennent leur présence à Moscou. Mais la situation pourrait évoluer très rapidement en raison de la moindre importance de ce marché pour l’Empire du Milieu.

Alors que les Occidentaux et autres Américains se désengagent en cascade de la Russie, désormais sous sanctions internationales à cause de ses manœuvres guerrières en Ukraine, les Chinois n’en ont cure. Pour la plupart des entreprises sur place, il n’est pour l’heure pas question de tourner le dos à ce pays avec lequel Pékin a d’ailleurs récemment conclu un accord de partenariat « sans limites ».

Et ceux qui se hasardent à vouloir, ne serait-ce que l’envisager, sont tout de suite repris par une opinion publique nationale largement favorable aux actions de Vladimir Poutine auprès de son voisin de l’Est. Ainsi que l’ont appris à leurs dépens, deux firmes ces derniers jours.

Volée de bois vert

Le premier, Didi, géant chinois du covoiturage avait annoncé en amont de l’invasion russe de l’Ukraine, son départ de la Russie, le 21 février. Raison évoquée ? L’évolution des conditions et d’autres défis de ce marché sur lequel il intervient depuis moins de deux ans. De quoi provoquer la colère des internautes chinois qui ont accusé le groupe pékinois d’avoir cédé à la pression de Washington, réputé pour concentrer sur place le sentiment nationaliste. Le Uber chinois a depuis rétropédalé sans plus de détails sur son revirement.

Lenovo, premier fabricant d’ordinateurs portables au monde, a subi la même volée de bois vert de la part des Chinois après l’annonce par un média biélorusse de son intention de rompre les amarres avec la Russie. La firme de Beijing interpellée par Reuters a refusé de confirmer ou d’infirmer une telle allégation. C’est dire que le soutien de la Chine à la Russie est une réalité, quoique feinte.

Posture prudente

Il n’en reste pas moins que cela pourrait changer très vite. Car pour Pékin, Moscou n’est qu’un allié de plus, sans grand potentiel. Son marché est trop modeste face aux ambitions de la deuxième puissance économique du monde. À preuve, seulement 31 millions de smartphones ont été écoulés en 2021 en Russie, selon le cabinet spécialisé IDC cité par Reuters. Soit un dixième de celui du marché local chinois.

L’Empire du Milieu n’a donc aucun intérêt à soutenir mordicus Poutine, au risque de s’aliéner ses autres marchés à fort potentiel. D’autant que faire des affaires en Russie va devenir de plus en plus compliqué à cause des sanctions internationales.

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Rokhya Chidid

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