France : le boom des streamings illégaux

Malgré un dispositif de plus en plus restrictif, le piratage de contenus audio ou vidéo sur le net connaît une expansion en France. Comme en témoigne le dernier rapport la Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur internet (Hadopi).

Entre les diffuseurs de contenus multimédias sur le net et les internautes français, c’est le jeu du chat et de la souris. Plus il y a de restrictions, mieux semble se porter le secteur du piratage. C’est ce qu’indique le rapport de la Hadopi pour le compte de 2020. À en croire la structure chargée de lutter contre la diffusion de contenus contrefaisants sur internet, au moins un quart des internautes français ont fait recours aux sites de streaming illégaux l’année écoulée. Il s’agit dans le détail de 12,7 millions d’internautes en moyenne par mois avec un record établi à 14,2 millions d’internautes en mars, dans la foulée de l’entrée en vigueur des premières mesures restrictives anti-Covid.

Le sport en belle place

Les domaines de prédilection concernent autant la musique, le cinéma que le sport. Mais ce dernier secteur bénéficie d’un attrait particulier de la part des internautes, selon la Hadopi. Sitôt les compétitions sportives de retour après l’épisode des restrictions sanitaires, les internautes s’en sont massivement remis au streaming illégal. Ils étaient plus de trois millions d’internautes à avoir accédé aux contenus sportifs par ce moyen fin 2020.

Les sites de streaming sont toujours autant sollicités par les internautes. Mais leur perte de vitesse est réelle, note la Hadopi. De plus en plus traqués, ils souffrent des mesures restrictives des diffuseurs. D’où le recours par les internautes à un nouveau moyen de diffusion de contenus illégaux tout aussi populaires. Il s’agit de la diffusion via les réseaux sociaux. Désormais, les utilisateurs de Facebook, Twitter ou Twitch entre autres, peuvent accéder illégalement à des matchs de l’équipe de France ou de la Ligue 1. Le contenu détourné par des pirates est ainsi redirigé sur ces plateformes pour le bonheur des consommateurs las de multiplier les frais d’abonnement.

Difficile lutte anti-piratage

Cette technique qui a concerné près de 2,5 millions d’internautes en France en 2020 laisse les réseaux sociaux dans l’urgence. Les détections automatiques n’étant pas toujours efficaces, les plateformes sont obligées d’attendre les signalements des diffuseurs mêmes avant de pouvoir agir. Bien souvent sans grands succès puisqu’un contenu supprimé est aussitôt visible sur un autre compte quelques instants plus tard. La Hadopi compte sur sa fusion prochaine avec le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) pour renforcer ses dispositions anti-piratage.

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Rokhya Chidid

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