RDC : un entrepreneur Congolais veut produire de l’eau potable grâce au vent

 

Jonathan Monunu, un jeune entrepreneur Congolais, développe une technologie pour produire de l’eau potable à partir du vent. Si ce procédé existe déjà en Europe, il innove en y introduisant le numérique, via un système de carte automatisée qui mesurera la quantité d’eau délivrée.

La production d’eau à partir de l’énergie éolienne s’est développée ces dernières années un peu partout dans le monde, particulièrement en Occident. En Afrique, continent en retard dans ce domaine, un jeune Congolais veut promouvoir cette technologie pour résoudre le problème d’eau des populations locales. « Grâce à l’éolienne, nous pouvons produire de l’eau! », explique Jonathan Monunu, qui veut installer dans son pays, la RDC, des stations d’eau ayant une capacité initiale de 1 000 litres.

Cet entrepreneur de 27 ans s’est lancé dans le projet en 2017, à partir d’un triste simple. « Il y a trois ans, je me suis rendu à l’intérieur du pays. Et j’ai constaté les dégâts que causait la consommation d’une eau impropre, engendrant différentes maladies. Des enfants de 12 ans mourraient car ils n’avaient pas accès à une eau de qualité », confie-t-il. A cette époque, il avait également fait cette observation, qui le fera remonter sur la piste de la production d’eau à partir de l’énergie éolienne : « A l’arrière des climatiseurs, j’observais que des gouttelettes d’eau jaillissaient de l’appareil car le vent et l’humidité de l’air faisaient sortir de l’eau en petite quantité en raison de la condensation des éléments naturels», se souvient-il.

« J’ai mis en place un système pour rationaliser les quantités d’eau pour chaque villageois »

Jonathan Monunu met donc en place la technologie qui consiste à associer une éolienne, un climatiseur et un filtre. L’eau condensée est récupérée et filtrée pour ensuite être redistribuée dans les stations. Mais son invention ne s’arrête pas là. Le jeune entrepreneur a introduit l’utilisation d’une carte automatisée permettant de distribuer une quantité précise d’eau par personne. « J’ai mis en place un système pour rationaliser les quantités d’eau pour chaque villageois. Chacun d’eux viendra avec une carte qu’on posera sur un scanner et celle-ci indiquera si le villageois possède encore assez de crédits pour une quantité d’eau supplémentaire. Alors un voyant vert s’allumera et la pompe s’activera automatiquement», détaille-t-il. Une tablette fonctionnant elle-même à l’énergie éolienne permettra d’enregistrer des données sur les utilisateurs.

Jonathan Monunu souhaite installer plusieurs stations dans les localités les plus isolées de son pays, où les enfants sont particulièrement affectées par les maladies liées à l’eau. Il envisage de faire des tests sur un groupe de 500 personnes, puis d’étendre son initiative dans les villages regroupant entre 3 000 et 5 000 habitants.

L’OMS intéressé par le projet

Ce projet a déjà attiré l’attention des ONG. Parmi lesquelles, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), dont le responsable en Afrique, Michel Yao, a dit qu’il travaillerait avec le jeune entrepreneur si ce dernier parvient à passer le cap du prototypage. « Près de 300 millions de personnes n’ont pas accès à l’eau potable, cette innovation est donc la bienvenue et j’espère travailler avec cette jeune entreprise si elle parvient à finaliser l’élaboration de son innovation », a déclaré le médecin canadien.

Vous faites le buzz !

Paul Bangoura

Author

Paul Bangoura

Up Next

Related Posts