Kenya : la blockchain fait ses premiers pas dans les foyers pauvres

 

Au Kenya, berceau du paiement mobile, la blockchain rentre petit à petit dans le quotidien des foyers les plus pauvres. Cette technologie permet d’échanger des marchandises, assurer la traçabilité des produits ou même acquérir des obligations d’État. Elle pourrait inciter au développement d’une vraie cryptomonnaie nationale.

Les transactions se font sans shillings kenyans

Le blockchain est un nouveau système de paiement électronique qui solidifie les autres moyens que sont le Bitcoin, la cryptomonnaie et le peer-to-peer. Aussi appelé chaîne de blocs, elle permet de stocker et d’échanger des informations à travers plusieurs ordinateurs qui forment ainsi un réseau. Dispersées, les informations restent toutefois protégées. Elles nécessitent un mot de passe, détenu uniquement par les intéressés, pour être assemblées, rendues compréhensibles et utilisées.

Le Kenya expérimente depuis plusieurs semaines, l’utilisation de « monnaies locales » soutenues par la blockchain. Ces « devises » sont introduites dans certaines communautés pauvres de Nairobi, comme solution au manque d’argent liquide. Les transactions se font ainsi sans shillings kenyans. Le système permet aux populations de gagner du crédit en fournissant des biens et des services, ainsi que de dépenser ce crédit en le transférant avec leurs téléphones portables.

Toucher 320 000 utilisateurs d’ici deux ans

La blockchain mise en place au Kenya est relativement bon marché car elle nécessite environ 40 000 USD par an pour l’entretien les serveurs. Le projet a vu le jour grâce à un financement de plus de 1 million USD de la part de la Norvège et d’autres donateurs comme la Croix Rouge. Celle-ci met en test le projet sur une période de deux ans, au cours de laquelle elle espère toucher 320 000 utilisateurs (dans une population de 49,7 millions d’habitants). Ensuite la blockchain sera étendue à tout le Kenya, puis lancée au Malawi, au Zimbabwe et au Cameroun.

Selon Paula Gil, consultante humanitaire basée à Genève, la blockchain « c’est l’avenir » des Etats, surtout ceux d’Afrique. Elle pourrait par exemple améliorer la gestion des dépenses pour le développement et le renforcement de la résilience dans le monde entier.

Bientôt une cryptomonnaie kenyane ?

Ce n’est pas la première fois que la blockchain apparaît au Kenya. La plateforme de crypto-monnaie Bancor et l’ONG Grassroots Economics ont déjà lancé leurs propres jetons numériques en 2018, permettant le commerce P2P (peer-to-peer).

Dans le passé, la commission électorale a fait allusion à l’utilisation de cette technologie lors des futures élections pour améliorer la transparence. Le gouvernement réfléchit aussi au développement de la blockchain pour lutter contre la corruption, la fraude, les contrefaçons, l’insécurité des données, le vol et les violations du droit d’auteur. Cette technologie pourrait en outre servir dans des secteurs tels que l’éducation, le journalisme, les banques, la santé, les assurances, le droit, le cinéma, la fabrication, l’énergie et l’exploitation minière.

 

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Sarah Kadoh

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