Rebecca Ma, de son vrai nom, est devenue en quelques mois seulement l’une des principales figures de l’affichage décomplexé de l’opulence sur TikTok.
Le Wall Street Journal (WSJ), qui lui a récemment consacré un portrait, s’interroge : « Becca Bloom est-elle la Marie-Antoinette de l’ère numérique, ou un nouveau type de star accessible ?« . Si son nom ne vous dit rien, c’est que vous n’êtes certainement pas utilisateur de TikTok.
Sur le réseau social de partage de courtes vidéos, la jeune femme de 27 ans a réussi à captiver plus de quatre millions d’abonnés en huit mois à peine sans vendre le moindre produit, sans faire de placement de produit, et sans même essayer d’être « relatable ».
Son secret ? Assumer pleinement sa richesse extrême et transformer sa vie en spectacle fascinant pour les masses. Elle s’inscrit ainsi dans le phénomène baptisé « RichTok », cette niche de TikTok où les créateurs affichent sans complexe leur fortune et assument pleinement leur statut de privilégiés.
« L’intention, c’est d’être moi-même. Je pense que c’est pour ça que ça marche« , explique au WSJ celle dont les contenus mêlent caviar, sacs Chanel et Rolls-Royce.
Une enfance dorée dans la Silicon Valley
Sa vidéo la plus emblématique ? Son chat – Oscar – dégustant du saumon sashimi, des œufs de caille et du caviar servis sur un plat Versace à 400 dollars. Résultat : plus de 21 millions de vues à ce jour et un symbole parfait de l’absurdité fascinante du rich talk.
Pour comprendre le phénomène Becca Bloom, il faut remonter à ses origines. Rebecca Ma a grandi à Atherton, en Californie, officiellement le code postal le plus riche des États-Unis avec un prix moyen des maisons frôlant les 8 millions de dollars.
Ses parents, Simon Yiming Ma et Heidi Chou, ont bâti leur empire en fondant Camelot Information Systems, une entreprise logicielle majeure en Chine et dans la région Asie-Pacifique. Rebecca Ma a rapidement démontré ses propres talents entrepreneuriaux.
Dès 2018, elle cofonde Hearth Wireless Chargers, puis lance Studipal, une plateforme de tutorat en ligne peer-to-peer qui servira plus de 150 000 étudiants défavorisés d’écoles professionnelles en Chine.
Un véritable objet de fascination
Parallèlement, elle mène des recherches pour Yale, Stanford et le China Development Research Fund, construisant un CV impressionnant avant même d’entrer sur le marché du travail. Aujourd’hui, elle travaille dans la fintech tout en gérant son empire d’influence sociale.
Celle qui rêvait à 3 ans d’être « la présidente du monde » est depuis 2019 en couple avec David Pownall, manager technique senior chez Amazon et ancien de Google, qu’elle épouse ce mois-ci.
Ses abonnés entretiennent avec Becca Bloom une relation paradoxale oscillant entre fascination et adoration. Loin de susciter la haine ou l’envie, son étalage de richesse génère au contraire des commentaires bienveillants et apaisés, comme le rapporte le Wall Street Journal. « Quand je dis mangez les riches, je ne parle jamais de toi« , écrit l’un d’eux.