Amsterdam : Patrick Drahi retire de la Bourse son groupe Altice

 

Patrick Drahi, propriétaire d’Altice Europe, maison mère de SFR et de RMC, annonce le retrait de son groupe de la Bourse d’Amsterdam, où il l’avait introduit en 2014. Cette opération doit notamment permettre d’avoir un meilleur accès au financement pour investir dans la 5G.

Fin janvier 2014, Patrick Drahi introduisait sa société Altice Europe à la Bourse d’Amsterdam, au travers d’une augmentation de capital à 28,25 euros l’action. Six ans plus tard, il fait le chemin inverse. En effet, le magnat des télécoms, qui détient encore la moitié du capital d’Altice Europe (maison mère de SFR, RMC et BFM), a annoncé son retrait de la cote, vendredi 11 septembre, avec une offre publique au prix de 4,11 euros l’action. Il utilise sa holding Next Private pour cette opération, qui vise à récupérer la totalité du capital d’Altice Europe désormais valorisée à 2,5 milliards d’euros.

Supporter la dette et investir dans la 5G

« La structure actionnariale proposée permettra d’accroître l’accent porté sur l’exécution de la stratégie à long terme et souligne ma confiance et mes convictions dans les perspectives d’Altice Europe », explique Patrick Drahi. Il ne veut surtout plus dépendre de la fluctuation de la Bourse et de la publication des résultats trimestriels. Il s’agit aussi pour lui de réduire les frais qui pèsent sur une société cotée, comme l’organisation d’assemblées générales. Mais l’opération reste d’abord financière. Estimant que les marchés ne valorisent pas assez sa société, il la retire de la Bourse en espérant avoir un meilleur accès au financement et emprunter moins cher. Objectif : pouvoir supporter une dette de 29 milliards d’euros (l’équivalent de deux ans de chiffre d’affaires) et investir davantage, notamment dans la 5G.

Eviter les actionnaires minoritaires rebelles et profiter des bénéfices de SFR

Patrick Drahi cache d’autres motivations. Il choisit le bon moment où rafler les titres car l’action Altice Europe, touchée de plein fouet par la crise du Covid, ne vaut que 3,3 euros en bourse, un cours proche de ses plus bas historiques. Cette opération constitue également une malice pour éviter d’affronter de façon récurrente les actionnaires minoritaires et les administrateurs indépendants d’Altice Europe. Ces derniers se montrent particulièrement critiques sur sa stratégie et dénoncent régulièrement les pratiques de rémunération des dirigeants du groupe. En outre, Patrick Drahi nourrit le secret de se renforcer au capital d’Altice Europe et de sa filiale SFR, pour profiter de leurs bénéfices. Depuis 2014, il est déjà passé de 57% à 77,6% du capital du groupe. Parallèlement, Altice Europe est aussi monté de 60% à 100% de SFR.

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Sarah Kadoh

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