« Pervers » : Kesha s’emporte contre la Maison Blanche

La chanteuse américaine a vivement réagi après que la Maison Blanche a utilisé une de ses chansons dans une vidéo TikTok mettant en scène des frappes militaires, sans lui avoir demandé la moindre autorisation.

C’est une Kesha particulièrement en colère qui s’est exprimée, lundi 2 mars, visant directement la Maison Blanche, accusée d’avoir détourné l’un de ses morceaux d’une manière qui lui a profondément déplu.

« Il est venu à ma connaissance que la Maison Blanche a utilisé l’une de mes chansons sur TikTok pour inciter à la violence et menacer la guerre », a dénoncé la pop star, de son vrai nom Kesha Rose Sebert, précisant que « banaliser la guerre est répugnant et inhumain ».

À l’origine de cette indignation : l’utilisation du titre Blow, deuxième single extrait de l’EP Cannibal sorti en 2010, dans une vidéo publiée le 10 février sur le compte TikTok officiel de la présidence américaine.

La séquence montre des bombardiers traversant le ciel, avant qu’un avion de chasse ne largue une bombe sur un navire, pile au moment où la chanson de Kesha atteint le refrain “This place about to blow” (« Cet endroit est sur le point d’exploser. »)

« L’opposé de ce que je défends »

Pour l’artiste, il ne s’agit pas seulement d’une violation de ses droits, mais d’une trahison morale. « Je refuse catégoriquement que ma musique serve à glorifier la violence, sous quelque forme que ce soit », déclare celle dont le titre s’apparente plutôt à un hymne festif à la liberté et à la joie.

« S’il vous plaît, aimez-vous et aimez-vous les uns les autres en des temps comme celui-ci. Cette démonstration de mépris flagrant pour la vie humaine et franchement cette attaque contre tous nos systèmes nerveux est l’opposé de ce que je défends », a-t-elle insisté.

Kesha a également évoqué les fameux “fichiers Epstein”, suggérant que le nom de Donald Trump y apparaîtrait « plus d’un million de fois », exhortant ses abonnés à ne pas se laisser distraire par les manœuvres médiatiques de la Maison Blanche.

Une réplique cynique depuis Washington

Loin d’ignorer la sortie de la chanteuse, la Maison Blanche a choisi de répliquer publiquement, et avec un certain cynisme assumé. Steven Chung, assistant du président et directeur des communications de la Maison Blanche, a notamment indiqué que ce type de protestation artistique jouait en réalité en faveur de l’administration.

« Tous ces chanteurs continuent de tomber dans le panneau. Cela ne fait qu’augmenter notre visibilité et notre nombre de vues, parce que les gens veulent voir ce dont ils se plaignent », a-t-il écrit, avant de conclure avec une ironie mordante : « Merci pour votre attention. »

Une pique qui a enflammé davantage la controverse. Kesha a répondu presque aussitôt par un nouveau message, bien plus frontal : « Cessez d’utiliser ma musique, bande de pervers », a-t-elle écrit, en identifiant le compte officiel de la Maison Blanche sur X.

Ce n’est pas la première fois que l’administration Trump est épinglée par des artistes pour avoir employé leurs œuvres à des fins politiques ces derniers mois. De quoi relancer ainsi le débat sur l’usage abusif de musique protégée par des figures ou institutions publiques.

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leo derf

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