L’Iran s’invite dans la boîte mail du patron du FBI

Des cybercriminels réputés liés à Téhéran ont compromis la messagerie personnelle de Kash Patel.

Et si la sphère numérique du directeur du Bureau fédéral d’enquête (FBI) n’était pas aussi impénétrable qu’on pourrait le croire ? Des pirates informatiques sont parvenus à infiltrer la messagerie personnelle de Kash Patel.

Des captures d’écran, un curriculum vitae présenté comme authentique, ainsi que des échanges de courriels — d’ordre privé et professionnel — couvrant la période de 2010 à 2019 ont été publiés en ligne en guise de revendication.

Un responsable du département américain de la Justice, cité par l’agence Reuters, a confirmé que l’adresse électronique de Patel avait bien été compromise et que les documents diffusés après cette intrusion semblent bel et bien authentiques.

Derrière cette offensive se cache le collectif Handala Hack Team. Selon les autorités américaines et plusieurs spécialistes en cybersécurité, ce groupe serait en réalité une « persona » — autrement dit une façade — utilisée par une unité de cyber-renseignement liée au gouvernement iranien.

Le bras armé numérique de Téhéran ?

Le même groupe avait récemment revendiqué une intrusion chez un prestataire médical du Michigan, affirmant avoir effacé un volume considérable de données. Plus récemment encore, le 19 mars, le département de la Justice annonçait la saisie de quatre noms de domaine exploités par ces « hacktivistes » pour lancer des attaques contre des cibles américaines.

Kash Patel avait alors, comme le rapportait Le Monde, promis de « pourchasser » les membres du collectif « avec toute la puissance des forces de l’ordre » américaines.

Cette opération de neutralisation, présentée comme un coup de frein aux activités cybernétiques iraniennes dans le cadre de la guerre contre Téhéran, et ces rodomontades, n’a manifestement pas suffi à endiguer les capacités offensives du groupe.

Ce qui rend cette affaire particulièrement sensible, c’est le contexte dans lequel elle survient. Depuis son arrivée à la tête du FBI, Patel — ancien conseiller adjoint à la sécurité nationale de Donald Trump — a procédé à plusieurs vagues de licenciements visant des agents et cadres impliqués dans les enquêtes contre le président, notamment celle sur les documents classifiés retrouvés à Mar-a-Lago.

Des licenciements politiques aux conséquences stratégiques

Parmi les départements touchés figure la cellule chargée de surveiller les activités iraniennes sur le territoire américain, officiellement pour des raisons d’éthique ou de manquements professionnels, selon un rapport de CNN évoqué lors d’une audition au Congrès.

Interrogé sur le sujet, Patel a refusé de détailler les motifs exacts de ces renvois, invoquant des procédures en cours. Il a toutefois mis en avant une hausse de 43 % des arrestations d’agents iraniens présumés pour soutenir que l’Iranian Threat Mission Center « n’avait jamais été aussi performant ».

« Il me paraît surprenant qu’à un moment où une confrontation avec l’Iran était envisagée, vous ayez écarté des experts hautement qualifiés précisément dédiés à cette menace », a d’ailleurs fait remarquer une élue du comité du renseignement, soulignant le paradoxe d’un affaiblissement des capacités opérationnelles alors même que les tensions avec Téhéran montaient en flèche.

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leo derf

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