La guerre des constructeurs d’avions continue en Chine

Après la présentation du premier avion C919 ce lundi à Shanghaï, beaucoup de questions se posent quant à l’attitude à adopter pour ses concurrents directs : l’Airbus A320 et le Boeing 737.

Le C919, l’appareil moyen-courrier équipé des dernières technologies

Selon certaines sources, le modèle présenté n’avait rien d’un prototype inachevé. D’un « niveau de finition élevé », le C919 avait bel et bien pour but d’impressionner, une mission dont il s’est acquitté sans trop de difficultés. Créé par le consortium chinois Comac, cet avion moyen-courrier est doté de technologies plus récentes par rapport à ses homologues français et américain. On aurait pu imaginer un appareil 100% made in China, un choix que le constructeur n’a visiblement pas fait. 25 à 30% du prix du C919 devrait correspondre aux équipements du motoriste français Safran. C’est donc avec un moteur dernier cri Leap, fourni en collaboration avec General Electric, que le nouvel avion sera propulsé. Safran a toutefois pris le soin de se protéger par contrat : il sera ainsi le seul motoriste occidental du C919.

Entre Airbus et Boeing, un combat sans fin

Depuis la fin des années 90, Boeing et Airbus se reprennent mutuellement des parts de marché. Ainsi, en 2005, Airbus gagnait le titre, pour la troisième année consécutive, de premier constructeur mondial d’avions civils. Un an plus tard, Boeing détrônait déjà son concurrent avec 1044 commandes contre 790 pour Airbus, un succès qu’il devait à l’époque au nouveau B787 et au retard de son concurrent sur l’A350 XWB essentiellement. En 2007, Airbus reprend toutefois sa place de leader au salon du Bourget, où il obtient 425 commandes. Et la guerre des avionneurs se poursuit inlassablement. Lors de la nouvelle édition du salon en 2015, Boeing ne parvient pas à repasser devant Airbus, malgré un taux de commandes conclues plus élevé que son concurrent (18,6 contre 16,3 milliards de dollars). Sur le seul premier trimestre, les deux constructeurs ont vendu 237 avions. Globalement, ce sont donc deux avionneurs équivalents.

Que vaut la concurrence ?

Si les deux constructeurs Airbus et Boeing se disputent continuellement la place de leader, l’arrivée d’un troisième concurrent pourrait-elle tout changer ? Rien n’est moins sûr. 517 commandes ont déjà été réalisées pour le C919. Ses clients, majoritairement des compagnies aériennes chinoises ont, semble-t-il, une incroyable confiance en ce nouvel appareil, le premier vol ne devant avoir lieu qu’au deuxième semestre 2016. Toutefois, ce produit chinois cumule les points positifs. Non seulement il affiche une consommation réduite de 15% grâce à son moteur Leap, mais il est aussi 10% moins cher que ses concurrents, le C919 ne coûtant « que » 100 millions de dollars. La concurrence présente donc de sérieux atouts qui, avec le temps, pourraient se révéler plus dangereux pour les deux principaux constructeurs d’avions du marché mondial.

Quelle est la politique adoptée pour lutter contre cette nouvelle entrée ?

Les constructeurs vont-ils pouvoir continuer leur gestion du marché en rivalisant sans cesse l’un contre l’autre ? Assurément oui. Concurrents, ils semblent pourtant avoir de nombreux points communs, et notamment leur gestion du marché pour garder leur monopole. Ils sont prêts à aller chercher les commandes jusqu’en Chine, pays du troisième concurrent potentiel et même à s’y installer. C’est ce que compte faire l’avionneur Boeing si l’on en croit les annonces du patron de la division aviation civile de Boeing, Ray Conner. 300 commandes d’avions vont être effectuées par des entreprises chinoises avec en bonus, l’ouverture de la première usine sur le sol asiatique.

Airbus, de son côté, est déjà bien implanté en Chine avec notamment une chaîne d’assemblage pour A320 à Tianjin et prochainement un centre de finition pour gros porteurs A330. D’autre part, il a renouvelé en Mars 2014 sa collaboration avec des partenaires chinois pour dix ans (2016-2025). La récente commande de 100 appareils monocouloirs A320 pour un montant de 9,7 milliards de dollars témoigne d’une collaboration Chine / Airbus propice aux affaires.

Selon les prévisions, les besoins se chiffreraient en Chine à 6330 nouveaux appareils sur les vingt prochaines années. Un positionnement sur ce marché était donc vital pour les deux grands avionneurs, qui n’ont pour le moment que peu de soucis à se faire par rapport au C919.

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